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femme menottée

Abandonner ses parents est un crime imaginaire

L’une de mes dernières chronique « Apprendre à nos enfants à s’envoler », parlait de notre rôle de mère. Mais nos parents à nous, nous laissent-ils nous envoler?​ Pas si facilement non! Pourquoi? Voici quelque pistes de réflexion…

Un matin de la semaine dernière, Anaïs, une amie divorcée depuis trois ans, mère de deux charmants enfants,​ arrive chez ses parents pour prendre un café. Elle discute finalement des vacances avec sa mère et lui avoue difficilement qu’elle ne souhaite pas aller les passer en famille. En effet, pour rappel, il est de coutume dans sa famille que tous les frères, sœurs, beaux-frères, belles-sœurs, enfants et tutti quanti se retrouvent dans la maison de campagne familiale durant les étés.

Mais pour elle, en ce moment, ce lourd tribut (voire cette lourde tribu) est assez difficile à porter :

Tout le bonheur familial de ses frères et sœurs, le décalage de vie qu’elle a – de fait – avec eux, qui vivent leurs vies de jeunes couples et jeunes parents, quand, elle, préfère largement depuis quelques temps, se détendre entre copines et éviter les Monopoly et pique-nique en famille ​ ;



Les nombreuses remarques et conseils de ses parents, qui, sous prétexte qu’elle est célibataire, adorent lui montrer la marche à suivre de sa vie et de l’éducation de ses enfants ;

Non, cette fois, elle prend son indépendance, c’est décidé ! Elle a besoin de se détacher. N’y voyez pas là un détachement de son amour, mais surtout une prise d’indépendance. Quand on est célibataire, dans une famille où tout le monde est heureux (ou du moins semble heureux), vous avez parfois l’impression de passer pour une paria.

Pour sûr, ce n’est pas ce que pense sa famille, c’est certain, mais les conseilleurs ne sont jamais les payeurs et il est toujours plus simple de donner des conseils aux autres que de balayer devant sa porte. Non, parce que nul n’est parfait, il faut bien l’admettre. Et le divorce aujourd’hui est entré dans les mœurs, qu’on se le dise. C’est malheureux, certes, mais c’est ainsi.

Après que sa mère lui ai fait comprendre que ​ce n’était pas « très gentil » (voire excessivement méchant) de sa part de ne plus vouloir les voir ;
​Anaïs lui explique que l’amour n’est pas « en jeu ». Rien à voir. Mais sa mère se mit à pleurer.

Donc Anaïs aussi porte alors toute ​cette ​culpabilité. Encore une fois, ce n’est pas renier l’amour de ses parents et de sa famille de vouloir prendre son indépendance, d​’avoir besoin de prendre un peu d’air,​ d​e simplement vouloir ne pas prendre en pleine gueule ce trop plein de bonheur qui vous rappelle plus votre solitude que la chance que vous avez d’être entourée de gens aimant et aimées.

Mais pourquoi tant de culpabilité ?

Anaïs devrait vraiment se poser la question. Ses parents lui ont beaucoup donné et c’est dans l’ordre des choses. Ils étaient dans leur rôle de parents. Mais elle aussi leur a beaucoup apporté.

Un enfant apporte de la joie, de l’amour, de la fierté, etc. Et quand on est adulte, donner à ses parents ce n’est pas tout lâcher pour vivre auprès d’eux.

Anaïs ferait certainement plus pour eux – et pour elle – en construisant une vie de couple puis de famille. Elle n’est pas responsable de leur vie.

On ne fait pas les enfants pour soi. On leur donne la vie et on les laisse s’envoler.
Ils ne nous doivent rien en retour, ils nous donnent déjà tant de bonheur par le fait d’exister.

Anaïs ne les abandonnes pas, elle prend juste un peu de distance pour vivre sa vie de femme et essayer de se construire. (oui, là, c’est le côté maternel qui parle, parce que parfois soyons honnête, ils nous sortent par les yeux les amours de nos vies J)

« Abandonner ses parents est un crime imaginaire »

Devenir indépendant, avoir ses propres opinions, se séparer de ses parents physiquement et émotionnellement.

Il s’agit là simplement du fait de devenir adulte. Certains parents, en se plaignant et en jouant aux martyrs, font comprendre à leur enfant qui devient indépendant qu’il fait preuve de cruauté. Ils s’attendent à ce qu’il prenne soin d’eux et ne les quitte jamais. Et là encore, ce n’est pas renier l’amour que l’on a pour nos parents, bien au contraire, c’est simplement appliquer les grands principes dans lesquels ils nous ont élevées à savoir, faire des études, avoir un bon métier, se marier, faire de beaux enfants, bien les élever….

Hier sa mère s’est comportée ainsi. Elle l’a fait se sentir affreusement coupable.
Se libérer de la « fausse » culpabilité est un processus de longue haleine, mais la récompense est grande, puisqu’il s’agit de la liberté d’être soi-même.

Anaïs sait que la réaction de sa mère ne lui était pas destinée. Elle est juste triste. Elle vit pour ses enfants. Elle a l’impression de la perdre. Mais c’est faux !!!

« Devenir adulte, c’est devenir l’égal de ses parents »

Un long apprentissage qui aboutit au détachement d’abord psychique, puis physique.

​Après son divorce, ​Anaïs a longtemps eu peur d’entrer dans la vie, ce qui l’a conduit à un repli sur sa famille, laquelle, croyant l’aider, l’a accepté. A tort, car elle s’est trouvée dès lors installée à l’écart du mouvement de la vie, dans une sorte de temps arrêté et ne pouvait de ce fait qu’aller de plus en plus mal.

Si l’on pose que devenir adulte, c’est devenir l’égal de ses parents – définition de bon sens que l’on oublie trop souvent – il devient clair que mener une vie d’adolescent « chez papa maman » alors que l’on a largement dépassé l’âge de la majorité sociale, ou rester dépendant d’eux alors que l’on serait capable de s’assumer économiquement et d’avoir une véritable vie sociale, relationnelle et sexuelle, ne peut qu’être qu’indépendant.
Vous avez toutes​ vu le film Tanguy, ou encore la publicité où l’on voit des parents qui font tout pour se débarrasser de leur enfant. Et, soyez sûres que nos parents l’ont également vu. Cela les a fait rire, cela leur a fait comprendre qu’à un moment donné​,​ il faut que l’oiseau prenne son envol. C’est effectivement un moment difficile. On dit qu’il faut couper le cordon ombilical. C’est drôle car finalement après un accouchement, c’est la première chose qui est faite.

Aimer ses enfants, c’est les laisser s’épanouir, les laisser grandir, et accepter qu’à un moment donné il quitte le nid douillet que nos parents nous ont préparé. Cela n’enlève en rien le bien-être que nous ressentons que nous nous retrouvons avec eux, chez eux, comme pour se rassurer, mais, il y a un temps pour tout. Et quand on vient adulte, c’est à nous enfants de faire comprendre à nos parents que le cordon ombilical doit être coupé une seconde fois pour que nous puissions prendre notre envol.

« Tu quitteras ton père et ta mère », disait déjà la Genèse.

Si naître au monde implique de se séparer du corps de sa mère, naître à la vie adulte ne peut se faire sans quitter le sein de sa famille. Quelle qu’elle soit, aussi aimante et tolérante soit-elle, les humains sont comme les bâtiments : ils ont besoin d’appui pendant leur construction, mais on ne peut les déclarer «construits » que lorsqu’ils tiennent debout sans étayage. Et ce, sur tous les plans.

Quitter son père et sa mère, c’est d’abord les quitter dans sa tête. Se détacher de leur influence, prendre le risque de penser par soi-même, de décider soi-même de ce que l’on juge « bien » et «pas bien ».

Anaïs leur doit tout. C’est pourquoi il est si difficile de couper le cordon et de ne pas culpabiliser quand à force de courage un jour ​elle os​a​ dire « Je prends mon indépendance. J’en ai besoin ».

​C​’est le processus de la vie. On ne peut pas se construire en restant collé à ses parents.
L’amour des parents est inconditionnel (et réciproquement) mais il ne doit surtout pas apporter de la culpabilité aux enfants quand ils décident enfin de prendre leur envol. Justement, à ce moment-là très précis, les parents doivent les encourager.

​Anaïs a divorcé il y a quelques années. Elle s’est réfugiée chez ses parents. Elle est ainsi redevenue une enfant. Ses parents l’ont accueillie à bras ouverts, ils étaient dans leurs rôles.
Mais ces rôles ne doivent pas s’inverser : Anaïs n’est pas responsable de ses parents.
Aujourd’hui Anaïs est une célibattante, auto-suffisante, avec un grand besoin d’indépendance.​ Et disons les choses comme elles sont : c’est sain!

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Sarah du Breuil

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