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Celle que la vie a défiée…

Elle s’appelle Elia. Ca fait déjà deux mois qu’on est ensemble.

Parfait, on a prévu un apéro samedi soir, viens avec elle, je serai ravie de la rencontrer !



Samedi soir. La porte s’ouvre sur une grande brune à la peau mate et au charisme étonnant.

Elle est très jolie, ses longs cheveux bruns lui coulent dans le dos, un large sourire barre son visage et elle a un avis sur tout.

En plus d’être belle, elle a la chance d’être bien née, une famille qui a réussi, elle pourra reprendre les magasins de vêtements haut-de-gamme de ses parents, des institutions dans notre ville, où tous les branchés- bobos-bourgeois s’habillent.

Mais elle ne se laisse pas vivre sur cet acquis. Et en bonne femme d’affaires qu’elle est, elle devient styliste et créatrice. Cà ne fonctionne pas, rien de grave, elle rebondit toujours Elia.

 

Ce soir-là pourtant, une discussion animée, nos deux caractères entiers et la fierté ont eu raison d’une possible amitié.

 

On se connait à peine, on se toise, s’observe, on essaie mais rien n’y fait. On ne pourra pas être copines, et pire, on va se vouer une guerre à laquelle ni elle ni moi ne sommes coutumières.

Tu étais ma meilleure ennemie.

Puis un soir, tu as fait le premier pas. Des mois étaient passés, on a parlé, je t’ai trouvée changée, humaine, lumineuse, bienveillante. Tu m’as raconté, tes histoires de mecs, ta famille, ta vie, tes envies, tu m’as émue, beaucoup, je me suis attachée.

Mon Elia, tu as décidé de ne pas reprendre les magasins de tes parents pour te consacrer aux âmes humaines.

 

Je t’ai parlé, j’ai dû changer, tu m’as acceptée, on s’est trouvées et on s’est aidées.

 

En bonnes sportives que nous sommes, je ne compte plus les runnings où tu m’as encouragée, tu as crié, m’as portée, tu as été une femme bienveillante sans autre intérêt que l’amitié que tu me portais.

Nous avons toujours été là l’une pour l’autre quand tu ne supportais plus ton travail, quand je débattais contre ma cage dorée, quand tu te battais seule contre ce narcissique (tu vois de qui je parle ?!!), quand je voulais tout plaquer.

Tu te rappelles, ces soirées, chaque semaine sur ma terrasse, avec un verre de rosé, à refaire le monde, plonger dans nos rêves, imaginer notre ailleurs ?

Tu te souviens, ces moments de grâce, où tu étais heureuse à chaque joie minuscule qui s’immisçait dans ma vie alors que la tienne n’était que tourments ?

 

Et puis arriva ce dimanche soir. J’en ai les yeux mouillés d’y repenser.

 

Tu m’as envoyé un message, parce que me le dire dans les yeux était trop difficile.

Biarritz. Sortie de plage. Le sable sur ta peau. Une grosseur dans ton sein.

Mon Elia, mes yeux débordent et mes doigts tremblent.

Un cancer.

Toi, ma belle Elia, cette fille effrontée, sportive et lumineuse, à même pas 35 ans, ta vie se suspendait.

Tu as vascillé, ma belle, tu as tremblé, pleuré, mis un genou à terre mais tu es partie en guerre.

Tu te rappelles notre café avant la première chimio, on pleurait toutes les deux en terrasse.

 

Tu as été une guerrière.

 

Tu te souviens, quand tu t’es rasé les cheveux pour ne pas les voir tomber ? Même là, tu rigolais.

Quand on est parties à la montagne, que tu avais ta perruque, tu étais magnifique, ma belle, et on a tellement ri ce week-end là… Tu étais capable de nous remonter le moral et de te soucier de mes problèmes de cœur…

Et quand, juste avant ta dernière chimio, on a couru pour l’Unicef, c’est toi, TOI, qui a fait un temps incroyable et m’encourageais sous la pluie en riant aux éclats parce qu’on y était arrivé.

Quand ils t’ont annoncé, que c’était génétique, une rechute envisageable à 85%. Tu n’as pas hésité, à accepter l’ablation, et, je me souviens bien, une fois encore, ton sourire quand tu m’as dit que tu en sortirais plus forte. « Tu te rends compte, ils me rajoutent une taille, c’est top !! »

Tu as été abimée, tu as eu le regard vague, l’espoir délavé, tu as vécu ces doutes et ces douleurs seule, souvent.

 

Mais tu as eu la rage, la passion, la pulsion de vie comme tu l’appelles.

 

Tu as été de celles qui défient la mort, qui prient la vie, qui restent dignes, qui gardent le poing levé,

qui ne renoncent pas, qui forcent le destin, qui demandent pardon, qui espèrent, qui ne lâchent pas,

qui aiment encore, qui désarment la tristesse, qui brûlent de vie, d’envie et de joie,

qui crient de rage, qui combattent les coups du sort, qui portent les écorchés,

qui offrent la lumière, qui courent et sortent les crocs.

 

Tu avais raison. Tu en es sortie plus forte, plus lumineuse et plus sûre de toi.

Alors hier soir, lors de notre traditionnelle synchronisation des données de nos vies devant un verre, quand enfin j’ai vu tes yeux briller, parce qu’un garçon a su voir l’étoile qu’il avait face à lui, mon Elia, ma poupée, ma poulette, à mon tour, enfin, j’ai été heureuse pour toi.

Je t’aime fort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Phanie

#Femme active le jour, #Étudiante la nuit, #Juriste dans une autre vie. Célibattante Provinciale | Arrête le sucre tous les 3 jours. |#Courageuse et forte, sauf devant un Disney (ou une paire de chaussures..)

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