De l'amour à la violence...un seul pas - https://www.celibattantes.fr/
violence conjugale

De l’amour à la violence…un seul pas

Je suis jeune, je n’ai que 26 ans, je le rencontre lorsque je commence un nouveau travail un an après la fin de mes études. Je vis en couple, tout n’est pas parfait mais je crois être heureuse.

Plusieurs années s’écoulent à nous côtoyer chaque jour mais il m’est complètement antipathique. Je crois même qu’il me fait peur.

Nous ne nous adressons que très rarement la parole. Pourtant nous travaillons en zone confinée, l’accès est contrôlé, régulé, nous ne pouvons que régulièrement nous croiser mais jamais nous ne nous parlons.

J’ai 29 ans. Je viens d’avoir un enfant. Je reprends le travail après une interruption de quelques mois. Mon couple va aussi bien qu’il va mal.

L’arrivée de cet enfant est très perturbante. Je suis de plus en plus mal dans ma peau et dans mon couple.



Mon mari s’avère être un homme absent, qui ne me regarde plus, ou me repousse sous prétexte qu’il doit travailler. Lorsque j’essaie d’attirer son attention par des tenues affriolantes ou en prenant soin de lui, je ne reçois que critiques ou indifférence.

Personne ne me soutient, personne ne voit, personne ne comprend comme je souffre de solitude et de manque de confiance en moi.

Il travaille jour et nuit, je n’ai plus ma place de femme à ses côtés, je ne suis qu’une cuisinière, une femme de ménage, et la nourrice de notre fils.

Je suis en pilotage automatique dès que je me lève jusqu’à ce que ma tête touche mon oreiller d’épuisement le soir.

Et quand enfin il rentre un peu à la maison je me prends encore des réflexions parce que je n’ai pas eu le temps de téléphoner pour résoudre tel ou tel problème, ou parce qu’il n’a plus de chemise repassée pour aller travailler le lendemain matin.

Je suis seule, désespérément seule, seule avec mon fils, abandonnée.

Je ne vois plus grand monde hormis mon fils et mes collègues de travail, dont cet homme silencieux et déroutant.

Un jour, nous échangeons quelques mots mais je me rends compte que mes mots le blessent. Je vais alors m’excuser auprès de lui. Il salue ma démarche car reconnait qu’il aurait été incapable d’avoir ce comportement envers moi.

Curieusement, nous commençons alors à nous parler un peu plus.

Mon couple est toujours aussi désastreux et va de mal en pis, et je trouve une oreille attentive auprès de lui.

Je me trouve enfin en face de quelqu’un qui me porte un peu d’attention, qui voit et reconnait ma souffrance, malheureusement je ne savais pas encore qu’il allait se servir de cette souffrance pour mieux se faire valoir lui….

Nous discutons chaque jour de plus en plus longuement, il me dit des choses de plus en plus gentilles, des mots doux, des mots plus osés, je me protège tant bien que mal en lui demandant d’arrêter son petit jeu car je suis en couple.

Mais il n’arrête pas. Il glisse de plus en plus vers des allusions sexuelles, cherche le contact physique avec moi, me flatte, et fini par m’avouer ses sentiments.

Je le rends soi-disant fou d’amour, il n’est selon lui pas de tempérament jaloux mais, le soir chez lui, il n’en peut plus de me savoir avec mon mari qui ne m’aime apparemment plus.

Je sens que quelque chose ne tourne pas rond mais je suis complètement grisée par ses douces paroles, ses petites attentions comme une simple pâquerette déposée sur mon pare-brise me remplissent d’émotion et je me sens enfin revivre.

Mon mari est toujours désespérément absent, et je me laisse complètement séduire par cet homme dangereux.

Je finis par sombrer, perdre toute notion du bien et du mal….

Cet homme si doux et attentionné est là, présent, viril, il me regarde, a envie de moi, me dévore du regard.

J’ai beau essayer de crier au secours à mon mari, ce dernier n’entend pas, ne me voit pas, ne me touche même plus et me reproche même d’avoir tout pour être heureuse mais de ne pas l’être.

Il ne voit donc pas que tout ce dont j’ai besoin, ce n’est pas de nouveaux meubles, d’un appartement somptueux, la seule chose dont j’ai besoin c’est d’un peu d’amour de sa part.

Alors un jour, où la situation est de plus en plus tendue avec mon collègue, je lui cède.

A force de persuasion, de mots doux, de mots plus violents qui me font rentrer dans la culpabilité, de mots rassurants pour mieux m’enchaîner à lui, je l’embrasse.

Je sens que je suis sous emprise car ce que je viens de faire est contraire à ma morale et mes valeurs de fidélité.

Mais ce baiser me libère de chaînes intérieures, je me sens enfin vibrer et vivante.

Une fin d’après-midi, je sors plus tôt du travail, je vais rejoindre chez celui qui allait devenir mon amant.

Je suis complètement perdue entre ma culpabilité et mon besoin viscéral d’attention et d’amour.

Nous faisons l’amour pour la première fois, je respire enfin, je revis alors que ses mains me tiennent les bras et serrent pour que je ne puisse pas trop bouger.

Il y a quelque chose de violent et bestial dans nos ébats mais je n’y prête guère attention.

Tout ce qui me nourrit réside dans le seul fait que quelqu’un me désire vraiment.

Mon mari apprend ma liaison, il ne le supporte pas.

Il ne comprend toujours pas de quel manque d’attention je lui parle, de mon sentiment d’abandon, pour lui.

Il m’insulte.

J’encaisse et me dit qu’il a raison, je ne suis qu’une « moins que rien », une salope qui a trompé son mari. Je suis complètement rongée par la culpabilité. Je ne sais même plus qui je suis et quelles sont mes valeurs, mes qualités, mes défauts…

Je me sépare de mon mari et je sombre alors dans la dépression.

Je me raccroche tant bien que mal à mon ami-amant qui sait être présent mais nous entrons dans le cycle infernal de la manipulation.

Ses caresses deviennent douloureuses, il me fait parfois des marques sur les bras, je ne sens pas forcément la douleur, j’en arrive même à ressentir un plaisir malsain.

Alors que son corps recouvre le mien, ses yeux plongent dans les miens mais son désir et plaisir sont si intenses que sa main vient parfois m’attraper le cou et le serrer légèrement.

Je savoure autant que j’ai peur.

Notre communication devient de plus en plus violente et irrespectueuse.

Par ses insultes, ses remarques, il devient persécuteur, je me place en victime. Je lui demande en pleurant pour quelle raison il est si méchant, méprisant. Il me répond tel un petit garçon qui a fauté « parce que je t’aime », il est alors à son tour « victime » de son amour pour moi. Il me prend dans ses bras et me rassure, il devient alors sauveur…

Je cède et le rassure à mon tour… Nous sommes dans un cercle vicieux qui nous pousse l’un et l’autre toujours plus bas, toujours vers plus de souffrance.

Parfois il m’ignore pendant plusieurs jours.

Il souffre et je souffre.

Je cherche à nouveau à rétablir le lien.

Nous sommes seuls sur notre lieu de travail, nous nous retrouvons face à face, dans une pièce dénuée de fenêtre. Nous sommes immobiles, l’un en face de l’autre et nous nous regardons, qui va attaquer en premier ? La tension est si intense.

J’ai besoin de lui autant qu’il me faut le repousser. Je n’en peux plus, je confonds tout, l’amour, la haine.

Je me jette sur lui au même moment que lui se jette sur moi et que nous nous embrassons à pleine bouche. Il me serre, me fait mal.

Je deviens aussi mauvaise et dure que lui, il me fait mal, je veux lui faire du mal et je lui en fait.

Je suis de plus en plus honteuse d’accepter tant de violence et de ne plus savoir quelles sont mes limites dans le respect de moi-même.

Je me fais aider en parallèle par une psychothérapeute car je sens que je suis au plus mal.

Je reprends doucement des forces en prenant lentement conscience que je suis complètement sous emprise destructrice de cet homme.

Je me rends compte que je créé moi-même cette situation.

Un soir, je suis chez lui, je lui dis que je préfère rompre, que notre relation nous fait trop de mal, il ne supporte pas cette annonce et me demande alors de faire l’amour une dernière fois ensemble.

Bien entendu je refuse. Il tente tout… l’apitoiement, les larmes, l’intimidation, les menaces, les insultes.

Sa folie lui fait même fermer la porte de chez lui à clé et mettre la clé dans sa poche afin que je ne puisse pas sortir. Je suis séquestrée.

Je ne suis déjà plus rien, mais le peu d’estime de moi et l’amour que je porte à mon fils me fait tenir bon et je dois sortir vivante de cet enfer.

Je reste campée sur mes positions.  

Il me fait peur, je pense qu’il pourrait peut-être me violer, me frapper….

Il se résigne enfin et ouvre la porte en me disant « pfff ça sert à rien, casse-toi ». Je m’engouffre par cette porte entrouverte et rentre enfin chez moi.

A nouveau, plusieurs semaines s’écoulent, plusieurs mois peut-être. Je ne supporte pas son ignorance.

C’est terminé entre nous mais mince, nous pouvons quand même communiquer pour la gestion de notre travail et par politesse. Je lui en parle en tête à tête mais il n’entend pas ma demande. Pour lui, ma demande n’est que l’expression de ma volonté de renouer.

Il essaie de m’amadouer. Il dit toujours m’aimer, ne pas pouvoir se passer de moi.

Je lutte pour ne pas retomber dans ses bras. Je sais que notre relation ne fait que révéler des souffrances et de la violence. Et pour moi, l’amour ce n’est pas cela.

Juste après cette discussion, nous devons retourner travailler. Il n’y a qu’un vestiaire commun. Les portes sont lourdes et étanches, les fenêtres en verre opaque, si je rentre avec lui nous serons isolés. Je refuse de me changer avec lui. Il insiste. Et je prends la mauvaise décision. Je rentre avec lui dans le vestiaire.

Il se déshabille, je préfère rester habillée le temps qu’il enfile sa tenue, mais je vois à nouveau dans ses yeux la lueur du prédateur prêt à se jeter sur sa proie. Et la proie, c’est moi…

Il est face à moi, ne veut pas s’habiller, me retient pour que je ne puisse pas sortir. Je lui demande verbalement de me laisser tranquille, il ne lâche rien, il a décidé que je serai sienne.

Ses yeux sont remplis de désir autant que de violence, d’envie de me faire l’amour autant que d’envie de me tuer.

Je dois sortir d’ici mais je ne peux pas me battre physiquement, je ne ferai pas le poids, par contre j’ai une arme contre lui… une arme psychologique, je connais sa plus grande souffrance d’enfance, sa plus grande faiblesse, je ne trouve pas d’autre issue que de lui demander s’il pense que la personne qui lui est la plus cher au monde serait fier de le voir se comporter de cette manière-là avec moi.

Je savais que j’allais lui faire mal mais je pensais que ce coup de grâce l’achèverait. C’est l’inverse qu’il s’est produit. Je n’ai fait qu’attiser le feu. Il s’est jeté sur moi, plaqué contre le mur, attrapé par le cou et j’ai senti ses doigts serrer. Je ne pouvais plus bouger.

Son corps s’est appuyé contre le mien, sa mâchoire était serrée et je voyais ses maxillaires gonfler à chaque fois qu’il serrait les dents.

Son visage s’est approché du mien, j’ai tenté de tourner la tête pour qu’il ne puisse pas m’embrasser. Je ne savais pas ce que qu’il allait advenir de moi. Il m’a alors dit tout en me serrant un peu plus le cou : « tu n’es qu’une salope ».

Sa violence était à son paroxysme, je passais alors en instinct de survie. Je ne réfléchissais plus, je n’analysais plus, je n’étais plus qu’un animal qui devait sauver sa peau. Je n’entendais plus que ma propre respiration et curieusement, bien que sa force physique aurait pu lui permettre de me tuer, je ne ressentais plus aucune peur.

Il était violent et haineux, mais il ne faisait que refléter toute la violence et la haine que je pouvais ressentir au fond de moi.

Froidement, j’ai alors prononcé les mots de ma libération : « tu as mal hein ? c’est ça….. tu as mal….. ».

Je venais enfin de mettre des mots sur ce qu’il ressentait au plus profond de lui. Ça n’avait plus de lien ni avec de l’amour, ni de la haine, je reconnaissais juste son état de profonde souffrance autant que je reconnaissais la mienne.

D’un coup, j’ai senti sa force tomber, sa puissance s’effondrer, il m’a lâché et s’est reculé.

Le silence imprégnait la pièce. Je savais qu’à ce moment-là je ne craignais plus rien. Il avait lâché prise. 

Il s’est assis par terre, s’est recroquevillé comme un enfant, la tête entre ses genoux. Je venais de signer définitivement toute forme de relation entre nous.

Aujourd’hui, je suis reconstruite mais cela reste une blessure profonde au fond de mon cœur.

Il m’est difficile d’avoir confiance en un homme car j’ai peur des hommes qui ne me montrent que peu d’attentions, autant que j’ai peur des hommes trop attentionnés.

Je sais que celui qui saura m’apprivoiser et que j’aurai envie d’apprivoiser existe quelque part. je ne l’ai pas encore trouvé, mais je sais que je suis sur le bon chemin car je recommence à m’ouvrir petit à petit et à aller à la découverte de l’autre.

Un jour, il sera en face de moi et je sais que notre rencontre sera comme une évidence.

--
PS : 3000 célibataires t'attendent pour boire un verre, échanger, papoter sur The Good Match..
--
PSS : 1000 célibattantes t'attendent sur notre Groupe Privé 100% Féminin pour partager conseils avisés & bons plans..
MagAline

#Eternal Dreamer # positive attitude #Mojitos Specialist & addict # Mother Who Tears # Si forte et si fragile #Agitatrice

No Comments Yet

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Le 1er Magazine Lifestyle dédié aux Femmes Célibataires & Battantes

Suivez-nous !